Dyslexie et écriture inclusive

Cela fait un an maintenant que je n’ai plus mis ce blog à jour… La vie, le travail, les enfants tout cela…

Et l’écriture m’a beaucoup demandé.

Cependant, je ne souhaite pas parler d’écriture à proprement parler aujourd’hui. 

Je souhaite aborder un sujet qui est très difficile pour moi : l’écriture inclusive et ma dyslexie.

Que l’on se comprenne bien : je ne suis pas là pour dire quoi faire ou ne pas faire à ce sujet là. Ou même émettre un avis tranché sur la question. Ou même vous faire changer d’avis sur l’utilisation ou l’interdiction de cette écriture.

Dans mon article, je souhaite aborder ma propre expérience en tant que dyslexie… et essayer peut-être de faire entendre ma voix pour une fois.

Avant toute chose : oui, je suis atteinte de dyslexie, et cela depuis ma plus tendre enfance. Dyslexie qui a été soignée et traitée chez une orthophoniste (Information inutile : en Belgique, nous appelons cela des « logopèdes »). 

Je ne vais pas étaler les difficultés que j’avais à cette époque-là (les habituels problèmes au sujet des lettres B et D, M et N, etc.) la locution et la lecture, etc. Bref, j’étais gravement atteinte. L’écriture m’a énormément aidée au niveau de l’orthographe et pour apprivoiser la langue. Cependant, cela a sa limite. 

Suite à un traumatisme vers la fin de mon adolescence, ma dyslexie est revenue beaucoup plus « énervée » qu’avant. Je lisais (et je lis) énormément et j’écrivais toujours autant. Mais non, elle était toujours là à m’empêcher de prononcer certains mots ou bien me bloquait simplement dans ma lecture. Je me fatigue quand je lis. Je pique des crises de larmes quand je n’arrive plus à lire des mots dans certains livres…

Au bout d’un moment, je me dis que « FUCK », je ne pourrai jamais m’en débarrasser de cette saloperie donc… je vais apprendre à vivre avec. Je suis dyslexique et alors ? Je suis aussi auteur et voilà. J’ai encore du mal à écrire certains mots ou à les prononcer (par exemple : cérémonie, panoramique ou bien aéroport…. que je prononce encore « aré—oport »). 

Plusieurs années passent et je découvre une police d’écriture (OpenDyslexic) qui m’aide ÉNORMÉMENT pour la lecture sur écran d’ordinateur. Les lettres dansent plus la Macarena comme j’aime bien le dire. C’est agréable et j’arrive à lire les articles sur internet, les fanfictions, etc. tout va pour le mieux. Je suis lente à la lecture, j’ai du mal sur certaines phrases (surtout les longues de type Proust ou autres). Mais je continue à lire et à écrire. Ça va, je m’en sors bien.

Jusqu’au moment où l’écriture inclusive est arrivée et s’est généralisée.

C’est là que je me rends compte que cela va devenir compliquer d’expliquer en quoi cette écriture me pose énormément problème sans faire grincer des dents aux gens. Car j’ai entendu des tas et des tas de choses dessus comme « Vous pensez qu’aux dyslexiques que dès que ça vous arrange ou si ça va contre “le wokisme” ou les “SSJW” “

Je tiens à vous dire que… personne ne pense plus aux dyslexiques que ce soit dans mon enfance, adolescence ou que maintenant. Tout le monde s’en fout même. Surtout pour les adultes DYSLEXIQUES. C’est très compliqué et très long d’avoir ne serait-ce qu’un rendez-vous chez un orthophoniste hors CAMPS ou CMPEA pour les enfants ou adolescents… Alors pour les adultes ? Ouah. Je peux parler d’expérience que vous êtes souvent sur de grosses listes d’attentes… et que les enfants seront toujours prioritaires. Bref, la prise en charge des dyslexiques c’est une chose à part.

Ce n’est pas le sujet. Non.

L’écriture dite ‘inclusive’, je l’ai apprise dans mon enfance comme tout le monde. Exemple : les infirmiers et les infirmières. Je disais même ‘doctoresse’ pour une femme docteur avant de me faire reprendre plein de fois que non,” cela ne se disait pas ».

« Toutes les femmes et les hommes sont priés de se rendre là-bas… » etc. Ou si dans un texte je devais l’utiliser, je devais faire ceci : » Les étudiants/étudiantes » ou « Les étudiants (étudiantes) ». 

L’écriture inclusive de nos années actuelles ne fonctionne pas de la sorte. Elle demande à ce que l’on coupe le mot sur la fin avec un point (ou point médian) de la sorte : étudiant. e ou ateur.rice ou bien encore certaines personnes ne mettent absolument pas de point et mettent « auteurices »…. qui pour moi devient un nouveau mot à part entière et pas du tout inclusif en tant que tel.

Pourquoi la nouvelle façon de rendre une phrase inclusive me pose problème en tant que dyslexique ? Et bien, je vais vous expliquer comment je lis.

Je lis de syllabe en syllabe. En somme, je décompose le mot pour bien « le lire ». Les mots que je connais par cœur, j’ai tendance à les reconnaître plus qu’à les lire. (C’est pour cela que je bloque énormément sur les textes avec des fautes, car je ne reconnais pas le mot directement bref, passons).

Prenons le cas que je rencontre énormément : auteur et autrice. En écriture inclusive « simple », ce serait « Auteur•rices ».

Ajoutons-le dans une phrase de type : « Les auteurs sont talentueux ».

En écriture inclusive, cela donnerait : « Les auteur•rices sont talentueux•ses » (— je n’arrive même pas à l’écrire, j’ai du regarder un modèle -_-)

Quand je lis cette phrase, mon cerveau bloque directement sur le point médian (ou le point de fin de phrase si on l’utilise), je ne comprends pas qu’il faille que je retourne en arrière lire la première syllabe pour reformer un autre mot avec la syllabe après le point médian… Ce n’est pas une façon de lire naturelle. 

Pour talentueux•ses, c’est encore pire. Parce que je dois accorder le truc en bon genre et en bon nombre dans ma tête du genre « donc c’est autrices avec talentueuses »….Bref, la lecture est assez ardue pour moi de base, je me perds énormément en décomposant les mots pour tenter de comprendre en plus le sens de la phrase. 

Je finis généralement pour piquer une crise de larmes quand je tombe sur des textes ou des articles en écriture inclusive, car malgré tous mes efforts, ma dyslexie m’empêche de lire ce que j’ai envie de lire. Avant je prenais mon temps pour lire une phrase ou pour décomposer un mot syllabe par syllabe pour le lire ou l’écrire. Avec le système d’écriture inclusive qui inclut des syllabes en fin de mots d’un autre mot qui est aussi genré, je n’y arrive pas du tout. 

Bien entendu, j’ai lu des tas de réactions assez méchantes sur mes difficultés du type : « tu as qu’à faire des efforts ou penser aux autres »

Alors.

Merde ? 

En fait, je préférai de loin que les phrases fassent dix mètres de long de type : « Les auteurs et les autrices sont remplis de talents » que de me retrouver à buter sur des mots de la vie courante, car je n’ai pas assez de points de skill en lecture pour lire oui-oui apprend la lecture inclusive en sixième. (désolée, je m’égare). 

À l’heure actuelle, je me sens pas entendue. J’ai des amies et amis qui comprennent que ce soit compliqué pour moi et font des efforts quand ils m’écrivent des choses ou me parlent sur les réseaux sociaux. D’autres, ils s’en battent les couilles, frangin. 

Certes, je n’ai pas envie de faire chier mon monde avec mes difficultés de lecture. Cependant, pour une écriture qui se veut « inclusive » je me sens tellement EXCLUE. Et le pire, c’est que ce n’est pas un manque de volonté de ma part. C’est juste ma maladie. 

Il existe des tas d’études qui expliquent en quoi l’écriture inclusive rend la lecture encore plus compliquée pour les dyslexiques ou bien pour simplement l’apprentissage de la lecture. Sauf qu’à notre époque, personne n’a envie de prendre un peu de son temps pour écouter l’autre.

Au l’heure actuelle, j’en ai simplement ras le bol de l’écriture inclusive. Que les autres l’utilisent ou pas, ce n’est pas mon problème. Je ne me force simplement plus quand j’en vois dans des articles ou des textes. Je quitte la page et c’est tout. Tant pis. Même si ce n’est que quelques mots, c’est juste non.

Il y a quelques années, certaines personnes détestaient lire un texte qui avait plus de deux fautes pour 4000 mots. Moi je décide par ce que je ne pourrai rien faire pour vaincre ma dyslexie, de ne plus tenter d’essayer de lire des textes avec ce genre d’écriture. Car je pique des crises de larmes, voir des crises de nerfs quand je n’arrive pas à lire des textes de ce type.

Quand on est dyslexie, on nous pousse à lire des livres pour justement nous aider à apprendre à lire (et à aimer à lire). Là, je me tape la tête contre le mur. 

ÉVIDEMMENT, les gens n’ont qu’une seule idée en tête : prouver que la dyslexie n’est pas un frein à l’utilisation de cette écriture et que c’est juste nous qui refusons cette utilisation pour telle ou telle raison à la con contre « le wokisme » ou le sjw ou que sais je.

ÉVIDEMMENT, des tas d’orthophonistes ont sonné l’alerte.

ÉVIDEMMENT que certaines personnes dans l’académie ont rappliqué pour dire « oui c’est de la merde votre truc » (alors que bon, ils ont l’âge de mes grands-parents et ils sont déjà décédés eux).

Je vais être directe : je suis trop vieille pour ces conneries. 

Je conçois parfaitement que les gens écrivent comme ils le souhaitent… Et qu’ils ne peuvent pas penser à l’accès à la lecture de tout le monde (même si les dyslexiques ne sont pas les seuls impactés par l’écriture inclusive : il y a aussi les malvoyants et les aveugles dans le lot).

Je conçois parfaitement des difficultés dans la langue française pour certaines personnes ou bien simplement que nous n’avons pas tous eu la même éducation. Je me sens moyenne dans ma propre éducation (un bac+4 jamais servi, LOL). 

J’ai connu le langage SMS (et ses débuts !!) et encore, là tout était phonétique. Tout le monde écrivait comme il le souhaitait, car… au final, c’était juste compréhensible à l’audition. Il m’a fallu du temps pour massacrer la langue française, mais bon hein… quand je n’avais pas assez de place pour écrire tout ce que je voulais dans un message, je devais faire un choix. Le choix de massacrer un mot beaucoup trop long dans ce bordel. 

Là encore, la dyslexie c’était quelque chose….

Ce que je crains c’est simplement l’apparition de l’écriture dite « inclusive » dans les livres brochés/en vente ou en édition autoéditée. Car, ce serait « la fin » pour moi en termes de lectrice. (et des autres dyslexiques). 

Je crains juste cela. 

Je sais que beaucoup de dyslexiques n’osent pas parler de leur difficulté devant ce genre de texte, car…. bah, personne ne nous écoute. On est toujours pris pour des groupes d’anti-truc-chose wokiste. Alors que non ! 

J’ai de la chance d’aimer la lecture et l’écriture. Vraiment de la chance. D’autres personnes atteintes n’ont jamais aimé la lecture, car c’était beaucoup trop difficile pour eux. Et on rajoute cela par-dessus.

Je ne suis pas là pour faire le débat de « est-ce que c’est bien cette écriture ou non ? »

« Est-ce qu’il faut l’interdire ? Est ce qu’il faut penser à tout le monde ? »

Comme je l’ai dit plus haut : je suis trop vieille pour ces conneries.

Moi je souhaite juste que l’on m’écoute dix secondes : je suis dyslexique et je suis incapable de lire et de comprendre les textes en écriture inclusive.

Et ça, je trouve ça très triste. 

Corriger, réécrire : un passage en enfers

Je serai honnête : je ne me suis jamais penchée une seule fois sur la réécriture d’une de mes histoires. Je n’ai jamais pensé une seule seconde de tout recommencer depuis le début car je pensais qu’une fois écrites, je devais simplement corriger les fautes de français et la grammaire.

J’ai été ô combien naïve.

Certes, je me suis améliorée depuis que j’ai commencé à écrire…depuis l’année 1997. Je suis passée par plusieurs étapes très importantes dans la vie d’un auteur. J’ai été insouciante, orgueilleuse, tête de mule, lourde dans mes textes. Ainsi qu’aveugle et sourde dans les critiques. Je suis remplie de doutes qui sont omniprésents. Un passage à vide.

Ecrire était pour moi une passion. Je n’avais pas besoin de plus. J’écrivais et cela me suffisait largement comme si le simple fait d’écrire à la main ou de taper à la machine à écrire ou à l’ordinateur était les seules choses à faire pour créer une histoire.

Et je me suis pris un mur. La réalité est tout autre.

Un jour, j’ai reçu un commentaire négatif sur une de mes histoires. Cependant, ce n’était pas un commentaire comme j’avais l’habitude de recevoir au sujet de ma dyslexie, de mes fautes de français ou de ma grammaire ou même simplement de mon scénario. C’était autre chose. Quelque chose qui m’a fait ouvrir les yeux sur ma façon d’écrire.

Quand mes personnages devaient accomplir quelque chose, c’était évident pour eux qu’ils devaient le faire. Le doute, la peur, tout cela n’existait pas dans leur esprit. Ils étaient totalement dans l’optique que s’ils devaient le faire, ils le feraient. Ils se posaient aucune question. Ils ne remettaient rien en question.

Si un personnage se retrouvait dans la situation de devoir tuer son voisin pour sauver quelqu’un, il ne pesait jamais le pour et le contre. Il le faisait et c’était tout. C’était comme si sa façon d’agir ne pouvait être que spontanée. Je n’avais pas de personnage avec des sentiments à proprement parler mais juste des robots, des soldats qui m’obéissaient.

C’était étrange. Je me suis alors demandé pourquoi les personnages devaient m’obéir absolument ?

Je n’avais pas de plan de route. Je n’ai jamais su où j’allais dans mes histoires. J’avais juste une idée bien précise des choses et je brodais autour. Parfois, je me retrouvais insatisfaite de mon chapitre et je recommençais.

Je recommençais. Encore et encore.

Puis je me posais les questions. Ces fameuses questions que tout autre s’est un jour demandé : « à quoi bon ? »

En fouillant mes anciens disques durs, j’ai retrouvé des histoires jamais publiées, jamais terminées; mêmes des idées jamais exploitées. je savais au fond de moi que ce n’était pas de la fatigue, de la fainéantise ou le manque de temps. Je savais très bien que ces histoires j’avais envies de les partager, que l’on me lise. Que l’on m’écoute tout simplement.

Et puis encore une fois : A quoi bon ?

D’un côté, on vous dit que le monde a besoin de votre roman. De l’autre, on n’oublie pas de vous rappeler que tout a déjà été écrit. Donc, je me suis posée cette question : « si le monde a besoin de mon roman mais que quelqu’un l’a déjà écrit, pourquoi devrai-je le faire ?  » Ce à quoi on me répondait : « personne l’a écrit avec ta voix à toi ».

Dans le processus d’écriture d’un roman, on doit passer par la correction et la réécriture. Chose que je n’ai jamais fait en entier sur aucun de mes écrits. Cela va faire un an tout au plus que j’ai pris la décision de corriger ma très vieille fanfiction « Harry Potter » qui s’appelle ‘Luna Mula’ suite à un énième plagiat/copie sur wattpad.

Au début, je m’y mettais tous les jours pour corriger chaque passage, chaque faute. J’ai changé des paragraphes, mieux construits des phrases. J’ai essayé de pas supprimer trop de choses — car cela aurait peut-être changé l’histoire. Cependant, plus j’avance, plus je me sens fatiguée. Les deux derniers chapitres sont pour moi les pires à corriger. C’est comme si la moi de l’époque avait fait un rush pour les écrire pour s’en débarrasser et avait simplement fait taire cette petite voix qui disait de faire attention à où elle mettait les pieds et à ce qu’elle écrivait. Ce sont deux chapitres excessivement brouillon et mal écrits. J’ai clairement cherché des sorties de secours pour clôturer mon histoire. J’ai eu l’impression que j’avais pris énormément de plaisir à écrire les trois quart de mon histoire et que j’ai baissé les bras arrivée à la fin. Je me suis donc forcée à la terminer.

Ca se voit. Ca se sent. Ca se ressent dans la manière où j’ai construit mes phrases clichées et mes paragraphes.

Naïvement, je me suis dit que plus j’allais avancer dans l’histoire, plus ce sera simple de corriger. Mais au contraire : plus j’avance, plus j’ai l’impression de me noyer dans les incohérences et la folie de mon imagination de l’époque.

Le début de toutes mes histoires sont timides; comme si je me présentais constamment à mes lecteurs devant un amphithéâtre noir de monde. Plus le temps passe, plus les chapitres avancent, plus je me lâche. Et plus je me perds dans mes propres erreurs.

Je ne m’écoute plus moi-même qui me dit de faire attention où je met les pieds dans mes scénario. Je ne m’écoute plus moi-même quand je me dis que les gens pourraient trouver cela niaise, idiot et terriblement cliché. Je me disais qu’arrivés à un certain chapitre, les gens y feront plus attention. Ils étaient comme aspirés dans l’histoire.

Corriger les fautes de français, cela prend du temps. On peut toujours trouver des gens pour aider.

Corriger des fautes et réécrire des passages : cela vous demande de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Surtout quand vous arrêtez pas de vous demander pourquoi vous avez décidé d’écrire tel passage et pas un autre. Pourquoi cela se passe comme cela et pas autrement.

Et surtout, je me suis aperçue que je n’aimais pas la fin de ma fanfiction.

Cela m’est arrivé comme cela. Comme une évidence cruelle : je n’aime pas la fin de cette fanfiction.

Peut-être parce que cela fait plus de seize ans maintenant qu’elle existe et que j’ai changé ma vision des choses. Je ne sais pas. Pourtant, j’aime énormément de passage. Même des passages très simples, très doux et très porté sur l’affection.

La fin pour moi démontre bien que je voulais me débarrasser de cette histoire le plus vite possible. Elle n’a simplement pas de sens.

De plus, mon personnage de Hermione est grandement inspirée de celle du livre et pas celle des films ce qui entraine irrémédiablement les mêmes remarques incessantes sur le fait qu’elle pleure trop. Or dans les livres, elle pleure énormément. Je suis assez fatiguée de me battre et de me justifier sur ce point à chaque fois.

Je ne pensais pas que réécrire serait aussi dur. Que l’écriture d’une histoire n’était que la partie la plus simple.

De plus, plus les années passent, plus j’ai l’impression de vouloir être parfaite dans tout ce que je fais. Dans mes écrits, dans mes corrections…mais je sais que ce ne sera jamais le cas.

Car je suis dyslexique.

Car je suis fatiguée.

Car je n’en ai plus la force.

Je suis en enfers pour le moment. Dans mes propres enfers à corriger, réécrire et à trouver des idées de scénario, de livre, de romans, de fanfictions, de nouvelles pour avancer de nouveau.

Encore une fois, je met toujours la charrue avant les boeufs. Et je pleure par avance de la charge de travail que j’aurai une fois le roman terminé.

Ca ne devrait pas être aussi compliqué…Cela ne devrait jamais être aussi compliqué…

Quinze ans

Ma fan fiction « Luna Mula » a été postée il y a quinze ans. Cela fait un bail, n’est ce pas ?
En novembre 2005.
Vous savez, à cette époque, j’écrivais sur un iBook G3. J’ai commencé petit à petit à maitriser les ordinateurs pour taper encore et encore des pages et des pages…
D’abord dans une application sans correcteur d’orthographe. Puis j’ai acheté Office 2004 sur mac et c’est parti.
J’ai écrit..des tas de mots. Dix mille mots des fois en deux heures. J’écrivais tellement vite. Et je corrigeais le peu que je pouvais..

Résultat, encore aujourd’hui, cette histoire est remplie de fautes.

Suite à un re-postage sans mon autorisation sur Wattpad — j’avais déserté ce site depuis pas mal d’années — j’ai décidé de la reposter partout…au cas où.

Donc sur Fanfiction.net…
Sur AO3.
Sur Fanfic-fr.net
Sur Fanfictions.fr
Sur Hpfanfictions.org
Sur Wattpad…

Sauf qu’au début j’ai voulu la remettre telle quelle sans la toucher et la relire — j’ai des soucis maintenant avec cet univers et ça me fait du mal de replonger dedans — et j’ai fini par craquer.

Il va falloir que je la relise et que je la corrige.

J’ai changé des phrases, j’ai corrigé des propositions compliquées. Je me suis rendu compte à quel point j’avais des tics de langages. Je mettais des points de suspensions partout, j’ai des répétitions dans tous les sens. C’était infect.

Et beaucoup de fautes et d’accord et même parfois il manquait des mots !

Cela ne fait pas de tord de l’avoir laissé pourrir dans un coin pour la relire quinze ans plus tard. Je n’ai plus la mémoire des phrases que j’avais écrite et je redécouvre l’histoire comme si je la lisais la première fois.

Je sais qu’elle n’est pas parfaite mais je ne pourrai jamais la recommencer depuis le début.

Je ne pense pas que ce soit ça que je doive faire.

Pour l’instant, je la corrige…il me reste encore dix chapitres à corriger.

Et peut-être reprendrai-je sa suite ? sa séquelle ?

Peut-être, je ne sais pas.

Corrigeons.

Editons.

Et nous verrons.