Aussi loin que je me souvienne, je n'ai pas toujours été
attirée par l'écriture.
C'était même une corvée dans mon cursus scolaire.
Une dyslexie littéraire et orale avancée, je ne prenais pas
plaisir à lire ni à écrire des textes par peur des moqueries de mes
camarades de classe ou simplement des remarques des institutrices
scolaires incapables de détecter un élève en sérieuse difficulté.
Je ne blâme pas l'éducation que j'ai reçu. Je blâme simplement
l'encadrement que j'ai reçu pour ma dyslexie qui m'a contraint à lire
encore et encore ou à paniquer dès que je devais m'exprimer devant
quelqu'un.
La dyslexie n'est pas synonyme de problèmes orthographiques comme c'est
de plus en plus le cas sur internet. On ne peut pas mélanger les deux
phénomènes, ce serait un manque de respect envers les dyslexiques.
Faire des fautes par fainéantise ou simplement car on a une très
mauvaise orthographe ne veut pas dire qu'on est dyslexique. Se réfugier
dans la dyslexie pour se mentir à soi-même est d'autant plus agaçant
pour les vrais dyslexiques.
La dyslexie est complexe et n'est pas synonyme de crétinerie. Ce n'est
pas parce que l'on est dyslexique que nous sommes idiots. La dyslexie
rend notre scolarité cauchemardesque. Car, ce n'est pas que sur les
feuilles de contrôles ou des cahiers, mais c'est aussi à l'oral. Ce que
pensent les autres de nous. Un bafouille sur un mot et tout de suite
vous êtes la risée de toute la classe. Oh que c'est bien amusant.
La dyslexie que je cache en moi depuis mes primaires est devenue comme
une force. Je suis dyslexique et je me soigne.
Je suis dyslexique et alors ? Je confond les M et les N a l'oral, je
met des V au lieu de F dans mes mots et alors ? Les B et les D me
rendent folle ET ALORS ?
Au milieu de mon cursus, lors d'un cours de français, j'ai du rédiger
une rédaction sur un sujet où je pouvais bien déblatérer pendant
plusieurs lignes. Pour une raison inconnue, cette expérience a fait
naitre en moi cette envie de placer mes émotions avec des mots. Je n'ai
pas eu une bonne note à la rédaction à cause de mon orthographe
pitoyable.
Après cette expérience, à l'age de quatorze ans, j'ai décidé d'écrire.
Ecrire pour moi, quelque chose. Des histoires. Beaucoup n'étaient que
le portage de livres que j'avais lu où je m'y mettais en fière héroïne.
Le temps passe…Mon style est toujours au niveau des pâquerettes. Que
dis-je. Je n'avais aucun style. Dialogues foireux et saveur inexistante.
Conjugaison déplorable et dyslexie qui tente de se retirer, je découvre
alors la fanfiction.
La fanfiction a un avantage et un inconvénient : on écrit sur un
univers déjà existant mais cela ne permet pas la personnalisation de
l'oeuvre. Mais j'ai quand même décidé de m'y mettre pour corriger
toutes les lacunes, tout ce qui faisait de moi une piètre écrivain voir
un écrivain comme on en voit de plus en plus sur la toile : orgueilleux
et persuadés qu'ils ont écrit l'histoire du siècle.
Au début, je ne savais pas trop m'y prendre. J'avais aucune expérience.
Pour moi du moment que j'écrivais, cela allait. Alors j'ai écrit. Des
trucs invraisemblables mais j'ai écrit.
Un moment, je me suis rendu compte que je faisais du surplace. Quelque
chose clochait. J'écrivais mais je n'avançais pas dans le style.
C'était toujours la même chose, les mêmes rendus…Les mêmes problèmes.
Je me suis prise en main. J'ai regardé tout ce que j'avais écrit. J'ai
essayé de faire une synthèse, voir ce qui n'allait pas pour moi.
Comme beaucoup d'écrivain en herbe, j'avais commencé ma carrière en
exagérant sur les dialogues, créant presque des mini pièces de théâtres
où le dialogue remplaçait l'action, les descriptions. Un mauvais
portage de la télévision dans le monde de la littérature.
J'ai compris que mon problème venait des descriptions. Je ne prenais
pas assez de mon temps d'écriture pour les rédiger. Je passais tout de
suite a l'action en négligeant les détails comme si tout le monde s'en
foutait en fait.
Grosse erreur.
Je me suis forcée à écrire une histoire où je développais énormément le
psychologique des personnages et les descriptions. Cet exercice m'a
permis de placer une fondation de mon style d'écriture.
Depuis lors, mon style est tourné vers celui d'Emile Zola, le
naturalisme. Il est devenu comme ma référence première (j'aurais du
m'en douter quand j'ai apprécié l'Assommoir…). A défaut que beaucoup se
tournent vers Proust et ses phrases longues de quinze kilomètres.
J'espère à long terme écrire un livre original.
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